Une pratique taboue et fatale : les dangers de l’asphyxie érotique

Selon Wikipédia et dans un monde parfait : « L’asphyxie érotique est le fait de priver le cerveau d’un partenaire ou de soi-même d’oxygène dans le but d’en tirer un plaisir sexuel. Dans le cadre des relations BDSM, elle est pratiquée sous surveillance constante et nommée contrôle de la respiration. »

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Un monde parfait car l’asphyxie érotique n’est pas tout le temps pratiqué entre adeptes de ce fétichisme et que l’auto-asphyxie érotique multiplie dangereusement les probabilités de mourir après suffocation. Ensuite parce que la surveillance constante implique du nécessaire médical et un jugement et une lucidité que les participants possèdent très rarement quand ils sont sur le point d’avoir un orgasme pendant une syncope.

 

Kill Bill ? Mort par asphyxie

L’exemple le plus probant mais aussi l’un des plus macabres est la mort de David Carradine en 2009 à l’âge de 72 ans. L’acteur Américain est retrouvé pendu dans sa chambre d’hôtel en Thaïlande alors qu’il y tournait un film. Après autopsie, il sera déclaré que David Carradine ne s’est pas suicidé mais a trouvé la mort alors qu’il était en séance de jeu sexuel avec des liens. Des cordes étaient attachées à son cou et à son pénis et les deux étaient reliées à une penderie. Les détails de sa mort sont assez confus. A-t-il été seul pendant l’intégralité de la séance ? A-t-il été secondé ? Serait-il mort si quelqu’un l’avait surveillé pendant sa séance ? Quelqu’un était-il même au courant de ses penchants dans l’hôtel ? Autant de questions qui mettent en évidence les nombreux problèmes et dangers de l’asphyxie érotique.

L’homme au masque à gaz s’approche avec une allure inquiétante. La jeune femme tente de se libérer de ses liens et de ses menottes, en vain. Lentement, les mains du monstre enserrent le cou fragile de la belle et l’étranglement commence à se faire ressentir. La femme aimerait crier mais le bâillon l’empêche d’émettre le moindre son. La pression se fait plus violente et sa vue commence à se troubler. Lentement, ses yeux se ferment et la syncope est proche. Son cœur bat la chamade alors que son asthme rend sa respiration plus difficile que jamais. L’oppression est terrible et soudain, c’est la délivrance et la jouissance.

Séance de fétichisme, scène de meurtre d’un film ou les deux ? Difficile de faire son choix tant l’omniprésence avec la mort est réelle. L’asphyxie érotique présente bien des dangers. La mort de David Carradine n’est qu’un rappel que ce genre de jeu peut être fatal. Cela n’arrive pas qu’aux autres.

 

Comme le parachutisme, l’asphyxie érotique est une pratique à risque

Aux États-Unis, les chiffres de 1995 estiment que l’AE est responsable de 250 à 1000 morts par an. Une fourchette aussi inquiétante que large et qui expliquent plusieurs choses. D’abord, c’est que le risque est réel et que le danger de cette pratique BDSM est bien réel et important. Ensuite, une estimation aussi imprécise nous apprend qu’il est finalement très difficile d’estimer avec précision ces morts.

En effet, les pratiquants de paraphilies sont vus de façon assez marginale par la société. Mourir d’une déviance sexuelle est une honte pour certaines familles de victimes. Elles préfèrent dissimuler les sacs plastiques, les solvants volatiles et les revues porno qui pourraient aider la police à identifier les causes du décès. La mort est alors classée comme crise cardiaque ou suicide plutôt que comme une séance d’auto-satisfaction érotique qui aurait mal tournée.

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Ajouter une personne de confiance à l’équation suffit-il à réduire les risques de l’AE ? Pas totalement, le risque n’est jamais nul, malheureusement. Pire encore, comment expliquer à la famille ou à la police que l’ami ou l’amant est mort sous nos yeux, sans que l’on n’ait rien pu faire pour l’aider ? Est-ce là une non-assistance à personne en danger ? Comment expliquer que la séance n’a pas dérapé en un homicide involontaire ou volontaire alors qu’on est entouré d’objets de torture ?

 

Un rejet de l’auto-asphyxie érotique par une partie de la communauté BDSM

À cause de tous les risques encourus et des morts régulières, l’entièreté de la communauté BDSM n’embrasse pas forcément les pratiques de l’asphyxie érotique. En effet, la communauté est très ouverte. Mais tous les adeptes ne sont pas à l’aise avec cette pratique jugée « extrême ». Pourtant, l’AE et les autres RACK (risk-aware consensual kink de l’anglais pour « déviances sexuelles consensuelles délibérément risquées ») sont bien compris dans le label BDSM.

Ces incompréhensions entre les deux communautés n’aident en rien les fétichistes de l’auto-asphyxie érotique qui continuent alors de s’isoler. Cela renforce par ailleurs leur honte de pratiquer une telle déviance mais ne baisse pas leur addiction à ce qu’ils considèrent comme une drogue dure. Une dépendance qui trouve ses sources dans les cours de recré avec comme exemple le non-moins dangereux jeu du foulard. La réaction des surveillants et des parents face à ce danger réel amplifierait le rejet de cet acte réprimé. Sans pour autant enlever le désir de s’infliger des séances d’asphyxie dès l’enfance. Jusqu’à avoir des érections en serrant sa cravate le matin afin d’aller travailler. Et ne pas parvenir à sortir de ce cercle vicieux ni à trouver une personne de confiance pour parler de cette déviance sexuelle aussi dangereuse qu’irrespirable.

 

Et si vous aimez le plus soft, vous pouvez toujours tenter la fessée.

 

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